Gestion de projet : la diversité, passage obligé

la-diversite

« La diversité et l’innovation doivent être les challenges de tout entrepreneur » : une formule qui constitue le cœur du défi que se propose de relever l’Intelligence Economique. Mais si l’innovation se trouve au cœur des entreprises françaises, la diversité a du mal à y faire son chemin.

Pourtant, avec l’émergence du Web conversationnnel, grâce auquel tout le monde parle de tout à tout le monde en temps réel, les pratiques douteuses de certains acteurs économiques ont été révélées au grand jour : envers l’environnement, certes, mais aussi envers les hommes, qu’ils soient clients ou collaborateurs de l’entreprise.

Pour parer aux conséquences néfastes de ces révélations, dont la prise de parts de marché par des concurrents à l’image plus éthique, la notion de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) s’est développée, incluant le principe de diversité. La presse encourage d’ailleurs les entreprises à valoriser la diversité.

Parmi les mesures prises en faveur de la diversité, citons la Charte de la Diversité, lancée en 2004. Les acteurs qui la signent s’engagent à lutter contre la discrimination. De son côté, l’AFNOR a mis en place en 2012 un processus de certification, le Label Diversité.

Si ces initiatives sont louables, elles restent trop souvent, au mieux au stade de la déclaration d’intention affiché sur les sites Internet comme un étendard, au pire un outil de communication « corporate », donc d’influence, dans un pays où ce terme revêt une connotation péjorative: trafic, magouille, manipulation… Un travers d’autant plus regrettable que la diversité, au delà de l’image positive qu’elle confère, constitue le moteur de toute démarche d’Intelligence Economique.

La diversité constitue l’âme de notre Mastère Spécialisé en Intelligence Economique. Chaque année, depuis 2003, nos promotions d’étudiants venus d’horizons géographiques, professionnels et culturels divers travaillent en synergie sur un projet d’étude commun. Et le résultat, synthétisé dans un rapport, dépasse non seulement leurs propres attentes mais aussi celles des entreprises demanderesses, qui, converties aux bienfaits de la diversité, leur ouvre alors leurs portes.

Un tel succès s’explique d’abord par la diversité des missions que recouvre l’Intelligence Economique. Mais au delà, les acteurs économiques disposent, avec l’Intelligence Economique, d’un véritable outil de gestion de la diversité pour leur permettre de la vivre, d’en bénéficier, et non plus uniquement de la décréter. Un moyen efficace d’entretenir et d’améliorer leur image de marque auprès de leurs interlocuteurs : candidats, collaborateurs, clients, fournisseurs, sous-traitants, etc sans recourir à la langue de bois.

I. Diversité des missions de l’IE
A Une mission autour de deux axes
L’Intelligence Economique, au cours des 20 dernières années, a été définie de multiples manières différentes. Mais la matière s’articule autour de la prévention des menaces immédiates ou à plus long terme et de la gestion des opportunités présentes et à venir. Les différences d’une définition à l’autre s’expliquent par les préoccupations des hommes, plutôt tournés vers le présent ou l’avenir, et plutôt sensibles aux menaces ou aux opportunités. Cette dualité dans la présentation des missions qui relèvent de l’Intelligence Economique revêt néanmoins un caractère purement pédagogique, et ne doit pas masquer la multiplicité des activités auxquelles se livrent au quotidien les acteurs économiques, qu’ils en soient ou non conscients.

B Une multiplicité d’activités
C’est au coeur de cette multiplicité que se manifeste la diversité qui caractérise l’Intelligence Economique. Car quoi de commun entre la mise en oeuvre d’une cellule de veille ou d’Intelligence Economique, l’adaptation d’un produit aux normes édictées par un marché et la gestion d’une situation de crise, à part le fait que ces problématiques sont au cœur de la gestion de toute entreprise, quelles que soient sa taille et son secteur d’activité ?

La multiplicité d’activités autour de cette double mission qui caractérise l’Intelligence Economique provoque, dans l’univers entrepreneurial, une multiplication des spécialistes, qu’ils soient collaborateurs de l’entreprise ou intervenants extérieurs. Chacun d’eux arrive alors avec sa vision de l’état et de l’évolution de l’environnement matériel et humain au sein duquel évoluent les acteurs économiques, en fonction de sa spécialité, ce qui peut générer des contradictions : comment le Directeur du Service Informatique peut-il, avec le soutien du responsable des Ressources Humaines, invoquer la gestion du risque pour interdire l’usage par les salariés des réseaux sociaux dans l’entreprise sans entraver l’action de visibilité, de présence et d’influence en ligne du service Marketing, du service Communication ou du Community Manager ? C’est dans un tel contexte que le dirigeant éprouve le besoin de gérer la diversité. L’Intelligence Economique, de par la diversité de ses missions, constitue un outil à nul autre comparable pour faciliter la gestion de la diversité.

II. l’IE, outil de gestion de la diversité
L’Intelligence Economique constitue un formidable outil de cohésion pour rassembler les hommes et les activités autour d’un objectif commun.

A Rassembler des hommes

Trop d’acteurs économiques recrutent encore leurs collaborateurs en fonction d’affinités communes, voire corporatistes : formation, expérience professionnelle, sexe, âge, ethnie, etc. Une telle pratique, si elle assure une certaine cohésion et simplifie l’intégration des nouveaux venus au sein de la structure, sert aussi de bouillon de culture aux biais cognitifs et prive les dirigeants d’un nouvel angle de vue dans des situations inédites bloquées. Cette cécité constitue un frein à l’innovation, l’autre versant du challenge entrepreneurial. Une raison supplémentaire de développer la diversité au sein des organisations.

Nombre d’entre elles se targuent d’ailleurs d’intégrer, en leur sein, une proportion plus ou moins importante de personnes souffrant d’un handicap. Mais peu savent reconnaître la valeur ajoutée dégagée par les profils dits atypiques. Au point que le MEDEF a encouragé le recrutement dans les « viviers méconnus ». Beaucoup reste donc à faire pour intégrer la diversité dans les organisations.

Une intégration qui existe au quotidien au sein du Mastère Spécialisé Analyse Stratégique et Intelligence Economique de l’EISTI : dans chaque promotion se côtoient des nationalités différentes. Les profils scientifiques collaborent avec d’autres, plus orientés marketing ou commerce. Certains sont des encore étudiants, tandis que d’autres ont déjà entamé leur vie professionnelle. Ces différences, loin d’être des facteurs de division, sont des sources d’enrichissement réciproque pour comprendre le fonctionnement d’un environnement ou les stratégies des acteurs qui le composent. Encore faut-il, pour cela, savoir rassembler les activités.

B Rassembler des activités

Si l’ennui naquit un jour de l’uniformité, la diversité ne doit pas, pour autant, devenir synonyme de dispersion et de divisions, sous peine de détruire l’entreprise.

C’est pour éviter cette fatale issue que le dirigeant avisé doit utiliser l’Intelligence Economique pour gérer la diversité. Car, au delà des contingences et spécificités propres à chaque service, chacun d’eux est lié aux autres par un double impératif : détecter les opportunités et anticiper les menaces présentes et à venir. Or, ce double impératif correspond aux deux axes de l’Intelligence Economique précédemment décrit.

C’est dans ce contexte d’interaction des acteurs de l’entreprise autour de ces deux pôles qu’émerge notamment la dimension transversale des préoccupations de chaque services et, partant, une indispensable collaboration, notamment dans la diffusion des informations collectées au cours de la démarche de veille et leur incorporation dans le patrimoine immatériel de l’organisation. Ainsi, l’émergence d’une nouvelle technologie venant en concurrencer une ancienne peut-elle déboucher sur l’irruption de nouveaux concurrents et sur la disparition ou la mutation d’acteurs bien installés. En l’absence d’une communication entre les personnes en charge de la recherche et du développement et de celles en charge de l’aspect commercial, l’organisation court le risque que la donnée ne soit pas portée à l’attention du décideur, et n’intègre pas la stratégie d’entreprise, avec les conséquences néfastes qu’une telle ignorance peut engendrer : perte de marché, retard dans le développement technologique, effondrement du chiffre d’affaire, etc. Et voilà comment une crise qui aurait pu être évitée, se profile à l’horizon…

Notre site Internet : http://mastere-risque-territoire.eisti.fr/?q=node/4

3 réponses à “Gestion de projet : la diversité, passage obligé

  1. Pingback: Intelligence Economique : une école de l...·

  2. Pingback: Monde du travail | Pearltrees·

  3. Pingback: Diversité | Pearltrees·

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s